Joël Kérouanton
  • Écrivain
  • Atelier Écrire dans la ville

1- Le principal trait de mon caractère.  

Le besoin viscéral de se retrouver autour de la littérature — collectivement. Fréquenter des messes laïques où se chantent la puissance textuelle. Vibrer à des concerts, avec la guitare basse des mots. A la manière d’un rassemblement de voitures au Garage, où grondent les moteurs vivants de nos corps poétiques.

2 – La qualité que je préfère chez un·e humain·e.

Sa capacité à poser des questions sans réponses. Son plaisir, même, à vivre sans réponses. Et, parfois, à chercher les réponses dans les livres — et, si elles n’y sont pas, à écrire soi-même les livres.

3 – Ce que j’apprécie le plus chez mes ami·es.


D’être tendre. De rompre ma solitude. De saisir ma luttes.

4 – Mon principal défaut. 


Paniquer, paniquer, et encore paniquer devant la montagne du vivre.

5 – Mon occupation préférée.


Regarder la mer.

6 – Quel serait mon plus grand malheur ?


Être étouffé par celles et ceux qui ne croient pas au geste créateur. Et qui disent : « Ça ne sert à rien ».

7 – L’oiseau que je préfère.  


La mouette. Parce qu’avec des habitant·es de Kerlédé nous avons imaginé un livre qui s’appelait « L’Assemblée démocratique des mouettes » : dès que j’y pense, je souris et je me dis : quand même, quand l’imagination quitte le monde des humains, qu’est-ce que ça fait du bien. Et qu’est-ce qu’on se marre.

8 – Mes poète·sses préféré·es.


Séverine Daucourt, Hervé Le Tellier, Elodie Petit, Thomas Vinau, Aurélie Olivier, Wenaël Aloë. Celles et ceux que j’aime, je les invite au Garage pour célébrer les mots, à l’occasion, par exemple, de la clôture d’Ecrire Dans La Ville, en juin, avec l’appui du Marché de la poésie de Paris.

9 – Mes héros ou héroïnes dans la fiction.


Mohamed, dans « La Vie mode d’emploi », de Georges Perec. Gregor Samsa dans « La Métamorphose », de Kafka. Et bien sûr les livres comme « Poudreuses », de la poétesse Séverine Daucourt, qui érige la neige en héroïne politique.

10 – Le pays où je désirerais vivre.


Après une vie itinérante, j’essaie d’être heureux là où je vis. Un petit travail sur soi-même. Et puis, le Garage est un pays en soi, où s’inventent un vivre en poésie. J’aime y esquisser des façon de faire commun, par l’écriture et les livres. Parfois on y arrive, parfois pas. Mais on essaye. Et on essaie encore. Alors on échoue encore. Mais on échoue mieux.

11 – Comment j’aimerais mourir.  


Je pense davantage à la mort de mes proches qu’à la mienne.

12 – Fautes qui m’inspirent le plus d’indulgence.


Qui n’a pas frissonné devant une faute d’orthographe d’enfant ? Devant ses ratures poétiques ? D’ailleurs, si j’étais ministre de l’Éducation, je dédierais les programmes scolaires à l’éloge de la rature.

13 – Ma devise.


L’écriture est ce qui rend la vie plus intéressante que l’écriture.


SOUS LE CAPOT 1
J’aime pratiquer l’art de l’emprunt (en procédant à quelques « légères modifications » sur mes piratages) et en révéler les sources à la fin de l’ouvrage. Les auteurs et autrices emprunté·es sont invité·es à me remercier : mon livre leur aura offert un second souffle — parfois même une postérité inattendue.

SOUS LE CAPOT 2
Pour ce Portrait chinois librement inspiré de Marcel Proust, des occurrences comportent des emprunts à Samuel Beckett et à Robert Filiou.