Les danseurs n’avaient pas le monopole du corps, ni moi celui du regard. Tout ça était en fin de compte un vaste corps-à-corps, une observation tous azimuts, une corrida où chacun cherchait à impressionner l’autre. On se demandait qui l’emporterait, du danseur ou du spectateur, qui des deux portait l’affaire. Parfois il était manifeste que le danseur dansait pour être regardé, de même que je l’observais pour me sentir danser. Qui entraînait qui, quel corps prenait le pas sur l’autre? Ce combat de coqs se poursuivait jusqu’à ce que l’un des deux partenaires abandonne.

Myth(e) – roman dansé

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